Guy Giard
Art Contemporain

De l'autre côté d'un Pont



Angélique 1734  
Qui ? Who?
Livres
2002
2004
Presse
 
Installation

The Slave Trade  
La traite des esclaves
Slavery in 2003
L'esclavage en 2003



EXPOSITION / ÉVÈNEMENT À LA GALERIE OCCURRENCE
DU 20 JANVIER AU 14 FEVRIER 1993



       Jamais autant d'encre n'aura coulé autour de l'abus sexuel qu`au cours de l'année 1992. De nos jours le grand public devient davantage confronté à des drames qui semblent dépasser l'entendement. Comment réconcillier les actes d'agressions à coup de pierres dont nous avons été témoins lors de la crise d'Oka? Et quoi penser de ces gens qui risquent leur vie à traverser des océans terrés à l'intérieur de conteneurs?

      “Ce qui dépasse l'entendement” observe l'artiste GUY GIARD “souligne souvent une carence dans la communication entre individus. C'est par les contacts humains que la compréhension et l'empathie se développent. Parallèlement c'est par le silence et l'ignorance que la violence se perpétue”. Formant un triangle avec ses mains l'artiste m'explique:”L'exposition/évènement DE L'AUTRE COTE D'UN PONT offre un terrain de rencontre et d'échange. C'est une invitation aux amérindiens, aux immigrants et aux québecois de 1ère, 2ième, 3ième... génération de venir partager leurs expériences. C'est une célébration de la rencontre humaine”.

       Le dialogue interculturel, selon moi, se situe à priori au niveau des individus. Et ceci, par le partage de vécus dans lesquels se retrouvent autant d'histoires distinctes qu'il y a d'individus. Chacun rapporte ses expériences, l'échange devient le mouvement d'un regard intérieur vers une autre vision intérieure. Désireux d'échanger, la rencontre humaine est alors favorisée par une prise de conscience de l'individu vis-à-vis son propre cadre culturel, réflexion qu'il pourra par la suite partager avec une autre personne.“

      C'est par le biais d'installations photographiques et de textes (en français, montagnais, espagnol et anglais) que GUY GIARD nous ouvre le premier pont: le sien. Solidement construit, il nous mène dans le monde troublant de l'agression sexuelle. Pas à pas, nous tenant par la main, il nous parle de déracinement, d'isolement, de solitude, de quête, jusqu'à la découverte de l'amour et du respect. Sentiments qui selon lui “dépassent les barrières culturelles, et qui souvent reflètent les expériences de celui qui vit au loin du berceau”. D'ailleurs il nous introduit aussi à sa 'vie en cachette' à Amsterdam où il a vécu quatres années. Mais l'artiste ne nous laisse pas là, car il nous invite déja sur un deuxième pont:  LA HUITAINE DU PONT, une exposition de groupe ainsi que huit soirées-rencontres ayant lieu à la galerie regroupant en tout plus de 30 artistes émanant d'au-dela de 20 souches culturelles différentes. Des soirées à ne pas manquer! Bienvenue.



MICHELE
       À Régina je rencontre Michèle. Elle aussi recherche ses racines. Adoptée par une famille blanche, elle retourne à son nid d'origine. Elle m'accepte. Venant elle même d'arriver à Régina, elle m'accueille chez elle. Le jour où sa cousine et ses grands-parents arrivent, je suis là. Retrouvailles. Je suis accepté et je partage avec eux. Je partage mes histoires avec Michèle, et elle, les siennes avec moi. Je lui dessine ma vie, et en retour elle me dessine des racines. Pour la première fois j'ai des racines, j'ai touché terre, j'appartiens. Je ne suis plus seul.

       Never has there been so much talk about sexual abuse than in 1992. In our day and age we seem to be again and again confronted with events that defy reason. How to come to terms with such acts of aggression as the throwing of stones witnessed during the Oka crisis? And what to make of those risking their lives sealed up in containers crossing oceans, stowaways in the belly of a ship?

      “What defies reason” reflects Montreal artist GUY GIARD “often points to a break in communication between individuals. Empathy and understanding flourish through human contact. Equally it is through silence and ignorance that violence perpetuates itself.” Creating a triangle with his hands the artist explains: “The exhibition/event DE L'AUTRE COTE D'UN PONT offers a meeting ground for exchange, and extends an invitation to natives, immigrants and 1st, 2nd, 3rd... generation quebecers alike to join in sharing their experiences. It is a celebration of human understanding.”

       “I have found that intercultural exchange happens primarily at the level of the individual. This happens as a sharing of personal experiences where there exist as many distinct stories as there are individuals. As each tells his story, the exchange becomes one of an inner understanding toward another one's inner vision. In a desire to understand, these exchanges are favored first by a process of awareness of one's own cultural framework which can then be shared with another person.

       It is in the guise of photographic installations and writings (in French, Montagnais, Spanish and English) that GUY GIARD extends the first bridge: his own. Of sound design, it leads the way into the disturbing world of sexual aggression. Step by step, guiding us along the way, he shares with us feelings of severring, isolation, solitude, quest, bringing us to the discovery of love and respect. Feelings which according to him:“reach beyond cultural boundaries, and which often reflect the trials of being away from ones homeland.” Next we come to his `stowaway life' in Amsterdam where he lived for four years. But the artist doesn't abandon us there; he invites us on a second journey: LA HUITAINE DU PONT, a group exhibition along with eight evenings of discovery in the gallery introducing more than 30 artists stemming from over 20 different cultural backgrounds. Not to be missed!  Welcome



De l'autre côté d'un pont   /   Across the bridge
Online version of the photographic installation
Version en ligne de l'installation photographique


Panneaux #3 d'une série de 17 panneaux.

Chaque panneau comprenait une photo accompagnée d'un texte traduit en français, montagnais et en espagnol. Une traduction anglaise était aussi disponible.


LA FIN DU MONDE

J'ai trois ans et l'on m'a fait quelque chose, j'ai mal, j'ai mal, j'ai mal. Ils crient et j'ai peur, j'ai peur, le monde s'écroule et disparaît. Je pleure, je crie, je hurle encore plus fort pour que cela s'arrête; on m'enferme dans ma chambre, seul, et je pleure, cela fait mal. Tout est disparu, j'ai détruit le monde. Je l'ai tué. Plus jamais je vais être et faire confiance. Je dois toujours être conscient, avoir des structures, avoir le contrôle. Jamais je vais me laisser aller car à tout moment je peux détruire le monde. Je suis sale et je suis mauvais et je crie et cela doit être contrôlé. J'ai tué le monde. J'ai mal.

THE END OF THE WORLD

I am three years old and something happened to me, I hurt, I hurt, I hurt. They shout and I'm scared, I'm scared, the world is coming apart, vanishing. I cry, I scream, I scream even louder to make it stop; they shut me away in my room, alone, and I cry, and it hurts. Everything is gone, I've destroyed the world. I've killed it. Never again will I be, never again will I trust. I must always be aware, always have structures, always have control. Never again will I let go because at any moment I can destroy the world. I am dirty and I am wicked and I scream and that must be controlled. I've killed the world. I hurt.

PUNASSIUN

Ninishtupipuneshin, tshekuan um e tutakuian, nitakushin, nimishta akushin. Tepuanitak, nimishta shetshishin, tshek apu auen tat, apu auen uapamak. Niman, nitepuen, anu nimishta tepuen, apu tshi punian, nitanuenimakun,nasht nipeikuassin nikatshipaikanishimit, niman usham nikasseniten. Miameka tshekuan tekuat etenitaman, miam ka tshi kassinu tshekuan nanutaianeshpish iniumakat. Ekuan nita tshe ishpish tapuetaman tshekuanessishuanut nanitam nika ui matineniten, tshetshi tshissenitaman tanetian. Ekuan nita tshe ishpish patshitinitishian usham nipa tshi pikuneniniun. Nuinakushin, nimatshikaushin, nitepuen, ishinakuan tshetshi punian. Nitakushin nite niât.

EL FIN DEL MUNDO

Tengo tres anos y me ha sucedido algo, estoy herido, estoy herido. Ellosgritan y tengo miedo, tengo miedo, el mundo se unde y desaparece. LIoro, grito, y grito aùn mas fuerte, chillo, para que todo esto termine; me ha nencerrado en mi pieza, solo, y Iloro, esto me hace mal. Todo ha desaparecido, he destruîdo el mundo. He matado el mundo. Nùnca mas seréy tendré confianza. Yo debo siempre estar conciente, debo tenere structuras, tener el control. Jamas me dejaré ir, porque en cualquier momento puedo destruir el mundo. Estoy sucio, soy malo y grito y esto debe ser controlado. He matado el mundo, estoy herido.



La Huitaine du pont

Photo: Anne-Marie Zeppetelli

8 SOIRÉES-RENCONTRES À LA GALERIE OCCURRENCE
DU 27 JANVIER AU 6 FÉVRIER 1993
19:00HRS à 22:00HRS
ENTRÉE LIBRE

Dans le cadre de l'évènement/exposition DE L'AUTRE COTE D'UN PONT (Du 20 janvier au 14 février) l'artiste Guy Giard présente huit soirées-rencontres à la galerie OCCURRENCE. Chaque soirée introduit des artistes de souches diverses, chacun venant partager avec nous leurs expériences à travers un mode d'expression commun. C'est dans une atmosphère de découverte et de détente que le grand public
est invité à venir échanger avec eux. Bienvenue!

As part of the exhibition/event DE L'AUTRE COTE D'UN PONT (January 20th-February 14th) the artist Guy Giard presents eight evenings of activities at OCCURRENCE. Each evening will see artists of different cultural backgrounds share
with us their experiences through one common form of expression. It is a relaxed atmosphere into which the public is invited to come share and discover different worlds. All are welcome!

JANVIER
FÉVRIER

MERCREDI 27: LES MASQUES
Sylvie-Anne Sioui Trudel (Wendat)
Maurice Lwambwa Tshany (Zaïre)
Doreen Stevens (Algonquin)
MERCREDI 3: ARTS VISUELS, MUSIQUE
Adriana Lysak (Ukraine)
Lu Chuan (Chine)
Anna di Giorgio (Italie)
Josée Campeau (Québec)     

JEUDI 28: PHOTOGRAPHIE
Gabor Szilasi (Hongrie)
Audrey Mitchell (Mic Mac)
Anne-Marie Zeppetelli (Italie)
JEUDI 4: POÉSIE, MUSIQUE
Bernard Antoun (Liban)
Alfredo Lavergne (Chili)
Marie-Célie Agnant (Haïti)
Antoun Srouji (Liban)

VENDREDI 29: VIDÉO
Sara Morley (Grande-Bretagne)
Charles Campbell (Jamaïque)
Guy Giard (Québec)
VENDREDI 5: POÉSIE/PERFORMANCE
Nounous (Haïti)
Alvaro Rios Lara (Chili)
Yvonne-América Truque (Colombie)
José-Maria Ramirez (Pérou)

SAMEDI 30: LIVRE D'ENFANT, POÉSIE
Carrie Taylor (Mohawk)
Hugh Hazelton (Etats-Unis)
Martha Brooks Giesbrecht (Mennonite)
SAMEDI 6: SOIRÉE DE CLOTURE
Soirée de musique et performance avec
plusieurs artistes invités, dont Carlos
Lillo-Baeza (rythme `afro-brésilien')



Josée Campeau

Lu Chuan



SSSHHHTT ! Vivre en secret ! (Installation)

EN HOLLANDE

      En Hollande j'ai vécu quatres années en cachette. Cela me fait rire parfois quand j'y pense; je pissais dans des cannettes, j'ouvrais la fenêtre et Hop!, je semais aux quatre vents le fruit de mes entrailles. Je me souviendrai toujours des ''petits paquets'', bien emballés, que je déposais dans les bacs à ordures au coin des rues. Si les vidangeurs avaient su! Je me sentais plusieurs siècles en arrière, sans eau courante, sans téléphone, sans sonnette, comme si j'appartenais déja à ce continent.

VIVRE EN CACHETTE

      Vivre en cachette, c'est aussi vivre dans la peur constante de se faire découvrir. C'est vivre une solitude qui doit toujours rester secrète. À qui le dire? À qui faire confiance? Surtout si on ne connait pas la langue, ni les coutumes du pays dans lequel on se terre. Ce n'est pas seulement un exil culturel, c'est aussi un exil émotionnel. Comment parler quand on a perdu sa voix?

LES QUATRES MURS

      La lecture et l'écriture sont devenus mes seuls amis; comme si un miroir me permettait de moins me sentir seul. Des cafés et des térrasses j'observais les rires des tables avoisinantes. De retour à Montréal j'ai retrouvé mes centres d'achats. Mon coeur est ouvert aux errants que j'y retrouve. Quatres murs sont difficiles à regarder quand ils ne remémorent que la distance qui nous séparent du berceau

LA CLÉ DU PONT

      Face à ma survie, je retrouve ce qui m'est essentiel. Les choix se font par eux-même. Je redécouvre le silence, le temps, je retrouve le reflet de ma culture dans mes gestes et pensées. Je vois pour la première fois les barreaux dorés de mon éducation. D'un regard intérieur, je retrouve la clé qu'est mon coeur, et c'est en l'ouvrant que je ressens un vent de fraicheur m'envahir. C'est en regardant au delà de mes barreaux culturels que je retrouve d'autres coeurs, coeurs qui comme moi se sont évadés de leurs cages dorés. J'ai ouvert un pont et ils y m'ont rejoint; le pont unit deux rives tel le respect unit les âmes.


"TRIUMPH over Life's Adversities
and set in motion YOUR LIFE'S PURPOSE!"

GUY GIARD, CHP, CLYL, MFA
Author, Speaker, Consultant


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